LA FÊTE DU MONT-CARMEL

Pour comprendre ce que représentait la fête du Mont Carmel pour le Callois, il faut être pêcheur, ou originaire du petit port. A La Calle, la mer est partout ! La Grande Bleue y est constamment évoquée.
D’ailleurs, tout le
monde était plus ou moins marin. Comment, dès lors,
s’étonner de la ferveur avec laquelle était célébrée
la fête du Mont Carmel, patronne des gens de mer ! C’était
encore une tradition bien de chez nous.
Elle avait lieu tous les ans à la mi-juillet.
C’était la fête des pêcheurs qui ne manquaient
pas, chaque année, de mettre un point d’honneur à ce
qu’elle soit la plus belle possible.
Un reposoir, fleuri à profusion par les habitants de la Presqu’île, était installé sur la petite place dominant la mer. Le grand maître d’œuvre de ces célébrations et le gardien fidèle de ces traditions était M. Jacomino dit « Chicarelle ». C’est grâce à lui que ces fêtes du souvenir et du recueillement eurent le retentissement qu’elles connurent en leur temps.
La Flottille hisse le grand pavois
A cette occasion, la flottille de chalutiers revêtait le grand
pavois. La Presqu’île, agréablement décorée,
semblait appeler les citadins à la visite.
Pendant quelques jours, croyants ou
non, toutes confessions confondues, on venait se recueillir, penser à nos chers disparus, implorer
un pardon, quémander une grâce devant la statue de la
Vierge, face au grand large, accompagnés par le bruit des
vagues battant les rochers au pied de la muraille.
Le premier jour, le cours Barris connaissait une animation intense
jusque vers 20 heures, heure à laquelle chacun prenait ses
dispositions pour être présent à la Fête
vénitienne, qui se déroulait dans le port quelques
instants après la tombée du jour.
Le deuxième jour, à l’issue
des vêpres
vers 17 heures, une procession en grand apparat quittait l’église
paroissiale. Une statue de la Sainte Patronne, portée par
quatre de nos
jeunes
concitoyens en tenue de marin, dominait la nombreuse assistance qui
se dirigeait vers la Presqu’île. Les premiers éléments
du cortège y étaient déjà arrivés
alors que les derniers fidèles quittaient seulement le cours
Barris pour emprunter le chemin des quais.
Arrivée sur la place principale de la Presqu’île, la foule admirait le « Rocher » qui avait été élevé à cette occasion. Un bateau miniature était là pour retracer d’une façon saisissante la vie de nos pêcheurs.
Dominant l’ensemble, une Vierge, les yeux tournés vers les flots, semblait prononcer des paroles de bénédiction pour ses enfants callois. Des filets étalés tout autour, créaient le cadre qui convenait.
La procession se dirigeait ensuite vers les quais où l’attendaient une quinzaine dechalutiers. La statue de la Vierge était hissée sur l’un d’entre eux, baptisé pour la circonstance « Bateau Amiral ».
Prenant place sur les chalutiers mais aussi sur des barques, la population allait alors assister à la bénédiction en haute mer. Durant tout le trajet, les sirènes laissaient éclater leur chant de joie, sans discontinuer.
C’était une cérémonie simple, mais ô combien émouvante, à la mémoire des disparus en mer…
Souvenir : La statue de la Vierge a été ramenée à Port-la-Nouvelle où de nombreuses familles de pêcheurs Callois ont trouvé refuge et se sont installées.
